Le matin du 10 avril, le personnel commença à affluer en masse, les membres de l'équipage étaient de bonne humeur, fiers d'être à bord de ce navire, sous les ordres du commandant E.J. Smith, bien connu et admiré de tous.
12h00, l'heure du départ. Le Titanic s'écarta doucement de son poste en dérivant à l'aide
de 5 remorqueurs de la Red Funnel Line, Ajax, Hector, Neptune, Hercules et Vulcan. Tout à
coup,
les puissantes hélices se
mirent lentement en marche. A tribord, les turbulences
provoquées par une telle masse balaya les rives sans dommage. De l'autre côté, par
contre, les soubassements des appontements gênaient la dispersion des turbulences.
Amarrés l'un à l'autre, juste à côté, se
trouvaient l'Oceanic (de la White Star), le New York, un vieux paquebot, les deux hors
service à cause de la grève des mineurs. La masse d'eau déplacée par le passage du
Titanic fit tanguer le New York, le pont principal de ce dernier était bondé de spectateurs
venus pour voir le départ du nouveau géant de la White Star. Le mouvement causa une
telle tension que les amarres se rompirent dans un grand fracas. Alors que le Titanic
prenait de la vitesse, l'arrière du New York commença
à dériver en direction du Titanic. Le commandant Gale du remorqueur
Vulcan parvint heureusement à saisir un des deux filins de l'arrière du New York, alors que
ce dernier s'approchait de plus en plus dangereusement. Le capitaine Smith ordonna alors
la marche arrière du Titanic. Pendant ce temps, d'autres remorqueurs purent contenir le
New York et tout rentra dans l'ordre, on installa des amarres supplémentaires sur l'Océanic
afin d'éviter une autre mésaventure. Le Titanic avaittout de même perdu plus d'une heure
dans cet incident.
Cherbourg était maintenant à moins de 70 milles; le navire prendrait ensuite la direction de
Queenstown, en Irlande, pour une brève escale vers
midi. Ensuite si tout allait bien, une
traversée tranquille, pour une arrivée à New York le mercredi 17 avril au matin. Une escale
de trois jours et le Titanic reprendrait la direction de Southampton, le samedi 20 avril vers
midi.
A Cherbourg, 274 passagers embarquèrent (142 en première, 30 en seconde, 102 en troisième), dont une certaine Molly Brown (qui apparaît d'ailleurs dans le film). Cherbourg était un très beau port, malheureusement pas accessible pour de si grands navires. Les paquebots mouillaient donc au large; les passagers et le courrier étaient transbordés à l'aide de tenders. Afin d'acheminer ces derniers, la White Star avait fait construire spécialement pour l'Olympic deux tenders par Harland & Wolff, le Nomadic (qui est un des rares vestiges de l'histoire du Titanic se trouve actuellement à Paris sur les quais de la Seine oû il a été transformé en restaurant) et le Traffic. Depuis Cherbourg, embarquèrent notamment le magnat américain des mines, Benjamin Guggenheim. Puis vers 20h00, le Titanic reprit sa route. Il arriva vers 11h30 à Queenstown. La même opération d'embarquement qu'à Cherbourg se répéta, également avec deux tenders, l'America et l'Irland. 113 passages de troisième classe et sept de seconde embarquèrent. Quelques-uns descendirent du paquebot. Puis la voix puissante des sifflets du Titanic retentit pour la troisième fois et le navire effectua son vrai départ pour New York.
Depuis le départ du navire, les premiers jours du voyage sont vraiment satisfaisants, le temps est magnifique et la mer est d'huile. L'ingénieur Thomas Andrews a également de quoi être satisfait, le navire fonctionne comme une horloge. Le seul défaut serait que le navire penche un peu à bâbord, en effet, certains passagers de première classe purent constater qu'en se mettant au centre de la salle à manger, d'un côté ils aperçoivent le ciel et de l'autre la mer, ce problème provient du fait que le charbon était trop entassé du même côté, ce qui fut vite corrigé. Ce qui en étonna plus d'un était l'absence de vibrations, en effet sur ces grands navires à haute vitesse des désagréables vibrations sont inévitables. Cela s'explique par le fait que le Titanic est en rodage et que le Capitaine Smith ne pousse que progressivement la marche des machines.
La journée du dimanche 14 avril ressemble aux jours précédents si ce n'est une chute sensible de la température.