Yves: c'est un squelette encore.

Fabienne: non. A un squelette, il manque des yeux, des oreilles, - les sens!

Liliane: les gares, est-ce que c'est fait pour circuler ou pour s'arrêter?

Yves: elles deviennent de plus en plus des centres, des centres de rencontre. Comme la gare de Zürich et celle de Cornavin.

Liliane: la gare aurait donc perdu sa vocation de transit?

Yves: c'est l'idéal du transit.

fabienne: mais c'est aussi le lieu des nomades, des "clochards"...

Yves: c'est vrai pour la ville aussi.

Liliane: la première image de la gare de Cornavin-Genève a été pour Walter Benjamin, celle d'un fourgon de police emmenant un prisonnier.

Yves: maintenant on voit beaucoup de fourgons de banques.

Fabienne: à Cornavin, il y a la vitrine du corps de police.

Pirmin: qu'est-ce qui t'intéresse dans l' identité- identification, celle de sol et celle de sang? Es-tu plus intéressé par celle du sol ou par celle du sang?

Yves: la question identitaire m'intéresse à partir du sol. Et ce sol semble disparaître dans l'homogénéisation des territoires, comme la g